Virus de l'Hépatite C, une épidémie silencieuse...
Découvert en 1989, l'hépatite C est un virus aux conséquences parfois dramatiques.
Avec environ 5 000 nouveaux cas par an en France (soit 14 personnes chaque jour), le nombre de personnes infectées par l'hépatite C atteindrait près de 800 000 dans le pays (1,5% de la population)! Mais de 1/3 à la moitié d'entre-elles ignorent être affectées par ce mal qui peut se traduire en cancer ou en cirrhose du foie.
Bien que peu médiatisée, l'hépatite C tue malgré tout en France cinq fois plus que le SIDA. Cependant seule la moitié des malades se sait infectée, en effet l'un des principaux problèmes est l'absence de symptômes. Manque d'informations, prise en charge insuffisante, peur de la biopsie... sont les sources d'un problème de santé publique grandissant ; et pas des moindres, en 2010 l'hépatite C pourrait être responsable de 10 à 15 000 décès annuels...
C'est un problème de taille car de toutes les hépatites, ce virus est celui qui pose le plus de problème à l'organisme qui ne peut s'en débarrasser, d'autre part aucun vaccin n'existe à ce jour.
Pourquoi notre système immunitaire ne peut-il venir à bout de cet intrus ? L'information génétique du VHC est contenue sous forme d'ARN et non d'ADN. L'instabilité de la molécule d'ARN lui confère la faculté de changer très fréquemment et à un rythme de mille milliard de virus chaque jour, si bien que l'organisme ne peut en venir à bout. Dès qu'il parvient à en combattre une forme (ou génotype), le virus en adopte une autre...
Dans 80 % des cas, la maladie devient chronique et peut évoluer dans 20 % des cas vers une cirrhose, puis parfois un cancer. Les perspectives d'évolution défavorables sont d'autant plus importantes que le dépistage est effectué tardivement et que la consommation alcool/ cigarette est élevée.
Après plusieurs années d'impuissance, les médecins disposent aujourd'hui de deux traitements à base d'Interféron et de Ribavirine. En fait, l'efficacité de cette bithérapie dépend du génotype du virus, c'est-à-dire de variants de celui-ci. Le taux de guérison dépasse les 80% en cas d'infection par le virus de génotype 2 ou 3. Il est de 45% en cas d'infection par les génotypes 1, 4 et 5.
Actuellement, on estime que 200 000 à 300 000 personnes ignorent encore leur contamination en France or, les vecteurs de ce virus encore mal connu, véhiculé par le sang, sont principalement la toxicomanie, la transfusion (avant 1990), le tatouage, le piercing, les soins hospitaliers... Au regard de la banalité de ces « supports » viraux, qui pourrait raisonnablement affirmer n'avoir jamais pu être en contact avec l'hépatite C ? Bien peu d'entre nous à priori... à l'heure notamment où certaines modes font de plus en plus fureur chez les jeunes.
Voilà pourquoi il apparaît incontournable de se faire dépister. Sachez que vous pouvez vous faire dépister sans frais. Réalisé sur prescription médicale, cet acte est remboursé à 100 % par la Sécurité Sociale. Enfin, il existe un certain nombre de Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit capables de réaliser ces tests. Pour avoir les coordonnées du centre le plus proche de chez vous, contacter "Hépatites Info Service" au numéro vert : 0 800 845 800